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Asia Horse Week : Une première journée sous le signe du bien-être équin

18 février 2019,   By ,   0 Comments

« Le bien-être équin n’est pas une option, mais un devoir ». Cette déclaration de Roly Owers, directeur exécutif de la World Horse Welfare, un organisme créé dès 1927, donnait clairement le ton de la première journée des débats de la deuxième édition de l’Asia Horse Week, le « Davos Équestre », comme le notait Christophe Ameeuw, CEO d’EEM et de l’AHW, lors de son discours prononcé lors de l’inauguration.

Ce thème récurrent sera clairement au cœur de toutes les conférences de la première journée car, comme le souligne Roly Owers, le bien-être concerne l’ensemble des événements de la chaîne de la vie d’un cheval où l’humain intervient : « l’homme est responsable du cheval de sa naissance à sa mort ; cela implique un élevage responsable, des soins responsables, un entrainement responsable, une retraite responsable et une aide à la fin de vie responsable. Les animaux sont des êtres sensibles, mais les animaux ne sont pas des humains. Un contrat social doit être établi pour le respect des chevaux ». Cette prise de conscience n’est pas nouvelle, mais elle s’est accélérée au cours de ces dernières années. Pour la FEI, l’une des priorités en matière de bien-être équin est la lutte contre le dopage : « En 2008 », rappelait Sabrina Ibañez, secrétaire générale de la FEI, « lors des Jeux olympiques de Hong-Kong, les sports équestres ont déploré cinq contrôles positifs. C’était plus que n’importe quel autre sport, il fallait agir ». La Commission anti-dopage et ses quatre groupes de travail ont ainsi vu le jour, le but était de « prévenir l’utilisation de substances pouvant influer sur le résultat ».
En 2010 naissait FEI Clean Sport, qui définissait les règles anti-dopage et de médication, établissant notamment les listes de produits interdits et la standardisation des laboratoires et des procédures de contrôle. « Mais la médication n’est pas le seul moyen de dopage et il existe d’autre procédés pour améliorer la performance », précisait le directeur vétérinaire de la FEI, le Dr. Goran Akerstrom. « C’est pourquoi nous avons mis en place le programme de contrôle d’hypersensibilité des membres. Celle-ci n’est pas seulement dangereuse pour le cheval, qui, en retombant d’un saut excessif par peur de se faire mal en touchant la barre, peut se faire encore plus mal à la réception, mais ça l’est également pour le cavalier, le groom et les stewards lors du contrôle des guêtres. Nous avons initié 300% de contrôles supplémentaires. ».
Les sports-équestres se développent à une vitesse exponentielle, notamment en Asie où l’on note une augmentation annuelle de 25% du nombre de concours : « Le bien-être du cheval est un problème qui doit nous concerner en permanence », martelait la cavalière de dressage hongkongaise Jacqueline Siu, médaillée d’or aux Jeux asiatiques. « Les cavaliers doivent prendre leurs responsabilités et il y a un gros travail d’éducation à faire, notamment au parmi les nations émergentes des sports-équestres ».

Éducation de l’entraîneur, gestion du cheval et bien-être
L’éducation, c’était précisément le thème de la deuxième session ouverte par le cavalier international de concours complet, Alex Hua Tian, qui a développé le programme Horsemanship en Chine, notamment à l’attention des enfants. Un programme qui a reçu le Solidarity Award de la FEI en novembre dernier : « L’équitation en Chine a un fort potentiel d’essor, expliquait Alex. Le challenge est d’inculquer à ces nouveaux équitants le sens du cheval. Les Longines Masters, ici à Hong-Kong, représentent une belle vitrine de l’activité équestre, mais le sport ne sera pas bon si la base de la pyramide n’est pas vertueuse. C’est pourquoi notre programme Horsemanship veut enseigner ces valeurs aux enfants : empathie, respect et responsabilité ». Ce programme a permis à plus de 200 écoliers d’approcher le cheval avec les bons outils et de l’aborder avec, en priorité, ce sens du respect et du « horsemanship ».
Ce travail est notamment effectué en collaboration avec la British Horse Society dont la directrice exécutive, Lynn Petersen, a présenté le programme pédagogique : « Notre objectif est d’améliorer la vie des chevaux et de ceux qui s’en occupent. Dans nos apprentissages, la compréhension globale du cheval est fondamentale. Chaque cheval est un individu, chaque cheval doit être respecté, protégé ». Pour cela, depuis des années, la BHS collecte les savoirs de tous les métiers liés au cheval pour les enseigner aux futurs professionnels du cheval, à commencer par les grooms, « un aspect important », souligne Lynn.
Ces programmes éducatifs sont bien sûr distillés en Asie dans des clubs pilotes tels le Equuleus International Riding Club, le premier reconnu par la BHS en Chine et présenté par sa fondatrice et CEO, Michelle Wang. Centre de formation, centre de la culture équestre et du lifestyle, le club organise vingt concours par an s’inscrivant dans la logique de croissance de 30 à 60% du nombre de pratiquants et de compétitions en Chine.
Ces clubs ont la possibilité de récupérer des pur-sang de réforme, reconvertis par le Hong Kong Jockey Club comme l’expliquait Amanda Bond, déléguée aux affaires équestres. Sur les 1200 chevaux évoluant en courses à Hong Kong, 400 sont réformés chaque année. Tous ne vont pas à l’élevage ni ne sont réexportés et ainsi, avec une équipe de 27 personnes dont 6 cavaliers, plus de 150 pur-sang sont placés dans les clubs hippiques de la région : « Le bien-être du cheval est indissociable du développement de la relation entre le monde des courses et celui des sports équestres, nous ne pouvons l’ignorer », concluait Amanda Bond avant de passer la parole à Stefan Kögel, représentant de la société Lami-Cell.
Ce dernier présentait quelques développements de produits allant dans le sens du bien-être du cheval comme un mors réduisant le stress, ne pinçant la bouche en aucun endroit et diminuant la tension bouche-main ou encore des couvertures ne compressant plus le garrot des chevaux.
Santé du cheval et formation des vétérinaires
Il est vrai qu’un matériel mal adapté peut-être une cause de pathologie chez le cheval et le vétérinaire néerlandais, le Dr. Joop Loomans, diplômé de l’Université d’Utrecht, a insisté sur l’importance de la qualité de la formation des vétérinaires qui, bien éduqués « deviendront les meilleurs avocats de vos chevaux. Mon métier est de rendre les chevaux heureux. Face à la croissance de l’enthousiasme des Chinois pour l’équitation, il s’agit de les sensibiliser au bien-être du cheval et leur apprendre le reflexe d’avoir recours au vétérinaire, pas seulement pour diagnostiquer, mais surtout pour prévenir les problèmes ».
Former des vétérinaires équins en coopération avec des cliniques européennes, c’est là l’une des missions de la Heilan Equine Clinic Veterinary présenté par M. Wei Fei. Un établissement spectaculaire doté des outils les plus modernes, à la fois centre de recherche et centre équestre laboratoire, appelé à se développer à travers la Chine, ce qui offrira de nouvelles opportunités professionnelles.  Le Dr. Rong Rui insistait justement sur l’urgence de « faire face à la croissance de l’activité équestre en Chine. Si le pays compte 8,9 millions des 58,8 millions de chevaux de la planète et si nous avons une longue histoire avec le cheval, nous ne sommes pas assez structurés, nous devons reconstruire un système éducatif pour le bien du cheval ».
Le Dr. Didier Serteyn exposait les dernières découvertes de l’Université de Liège, de BiopTis et de RevaTis en matière de médecine régénérative avec l’utilisation des cellules souches pour réparer certains cas d’arthrose, d’OCD ou de tendinopathie, « une technique du futur pour le bien de la santé équine ».
Transports et règlements sanitaires
Retour sur scène du directeur vétérinaire de la FEI, le Dr. Goran Akerstrom pour rappeler que le bien-être, c’est aussi respecter les règles sanitaires et notamment la vaccination. « La prévention, c’est la clé et ne pas la respecter peut conduire à des conséquences désastreuses comme la mort du cheval ou l’annulation d’événements ». Et de rappeler que la FEI communique en permanence sur le sujet, rappelant des règles élémentaires comme la propreté absolue des écuries de concours, en surveillant les épizooties et informant via ses medias et ses réseaux sociaux.
La quarantaine est l’un des outils de prévention et le Hong Kong Jockey Club est un exemple en la matière comme l’expliquait Kenneth Lam. Notamment lorsqu’il s’agit de transporter les chevaux de course entre les hippodromes de Hong Kong et celui de Coghua : couloir sanitaire d’un kilomètre de large entre les deux « bulles » de cinq kilomètres de rayon délimitées autour de chacun des deux sites.
Côté sports équestres, le Dr. Goran Akerstrom rappelait les complications existantes pour faire circuler les chevaux dans certaines zones géographique hors Union Européenne : « Parfois, la réalité ne justifie pas toutes ces restrictions, c’est pourquoi nous œuvrons au sein de la Horse Sport Confederation, une émanation de la FEI et des autorités des courses, pour faciliter ces transits ». Des travaux qui ont notamment contribué à la possibilité d’importer provisoirement des chevaux pour les Longines Masters depuis sept ans.
Le Dr. Susanne Münstermann, qui travaille également sur ces sujets depuis plusieurs années en Afrique et en Asie, notamment pour le compte de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), expliquait tous les efforts et difficultés de mettre en place des zones franches sanitaires (EDFZ, Equine Diseases Free Zone) à l’occasion d’événements internationaux. Un propos qu’elle illustrait avec la mise en place d’une telle zone de biosécurité à Jakarta (Ile de Java) à l’occasion des derniers Jeux asiatiques : « Vingt mois de travail » !

Reprise des conférences, demain à 9h00, sur le thème des étapes du développement de l’équitation en Asie, en même temps que le séminaire FEI Clean Sport. Une deuxième journée qui se conclura avec la première édition de The Auction, vente aux enchères d’embryons haut de gamme, qui se déroulera en duplex de Deauville ainsi qu’en ligne.

Il est possible de suivre en direct ou revoir en replay toutes ces conférences sur EEM.tv.