L'AGENCE DE RELATION PRESSE
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Magistral Denis Lynch
C’est un époustouflant final que cette septième édition du Longines Masters de Hong Kong a livré à un public de plus en plus passionné et de plus en plus imposant. Le palmarès, déjà fort prestigieux, du Longines Grand Prix de Hong Kong s’est enrichi d’un nouveau nom illustre. Celui de l’Irlandais Denis Lynch qui signait là la plus belle des ses sept victoires en Grands Prix internationaux, la première avec Chablis, qui se voyait remettre le Trophée par Mme Carrie Lam, Chef de l’exécutif de Hong Kong.
Ses pairs et les experts avaient, pour beaucoup, prononcé son nom quand il s’agissait de se livrer au petit jeu des pronostics. Il en avait eu vent, mais il en faut plus pour perturber l’Irlandais : « La pression ? C’est pour les pneus ! Il reste que cette victoire est exceptionnelle, c’est définitivement l’une de mes plus belles, et je suis heureux d’avoir ce cheval très compétitif. C’était un parcours difficile aujourd’hui, mais Frank Rothenberger a fait du bon boulot en ne laissant filtrer que deux double sans-faute ». Le Longines Grand Prix se dispute en effet en deux manches et tout peut être remis en question dans la seconde. Mais à Hong Kong, la logique et la justice ont eu le dernier mot : ce sont les trois seuls sans-faute de la très difficile première manche, que l’on retrouvait sur ce podium très courtisé. Le Suisse Pius Schwizer, premier à avoir signer un sans-faute avec About A Dream et le Français Simon Delestre, avec Uccello de Will, ont donc rejoint l’Irlandais. Point commun entre ces trois cavaliers : ils montaient tous un cheval relativement jeune et récemment arrivés dans leurs écuries : « Cela fait trois mois qu’Uccello est arrivé chez moi, confirmait le Français. Quand j’ai vu la rapidité du parcours de Denis, je savais que je n’avais aucune chance de le battre. Alors j’ai choisi l’option d’un parcours sans faute plutôt que rapide ». Avec également un jeune cheval, le Suisse Pius Schwizer, lui, a pris ce risque, ce qu’il a payé d’une faute qui, heureusement, ne l’a pas écarté du trio de tête : « Cette faute, c’est aussi un manque de chance ou peut-être un manque d’expérience de mon cheval. En tout cas, avec lui, je vois l’avenir en rose. Je tiens à souligner que ce Longines Masters de Hong Kong est un concours exceptionnel qui ne peut que grandir encore, toutes mes félicitations à Christophe Ameeuw ». Un avis partagé par ses deux collègues… Simon Delestre : « Cela fait sept fois que je viens et chaque année, je vois cet événement progresser. Le public devient connaisseur au fil des éditions » ; Denis Lynch : « Je vois ce concours grandir d’année en année et je remarque que le public nous soutient de plus en plus ».
Exponentielle croissanceDes compliments qui allaient bien sûr droit au cœur du créateur des Longines Masters : « C’est vrai que l’on voit la différence entre la première et la septième édition. Cette année, toutes les sessions ont fait carton plein, le nombre d’exposants a doublé. Et rien ne peut arrêter cette croissance car le potentiel de l’AsiaWorld Expo est sans limite. S’il le faut, le Longines Masters pourra s’étaler sur les halls voisins, alors oui, c’est sûr, l’événement grandira encore ! » Christophe Ameeuw se réjouissait particulièrement de l’apport de ce Longines Masters de Hong Kong à l’équitation asiatique : « La bonne nouvelle, ce sont les progrès des cavaliers asiatiques. Ils étaient sept cette année et il y a eu cette magnifique victoire de la Chinoise Yunjing Ella Wang dans le Masters Power Maserati Trophy, le beau classement de la Japonaise Hikari Yoshizawa dans le Longines Grand Prix aujourd’hui et les belles prestations des jeunes dans les épreuves « Hong Kong Jockey Club Asian Junior » avec une première victoire Hongkongaise à domicile signée Vincent Zi-Xiang Capol. Il faut remercier ici les meilleurs cavaliers du monde comme Denis, Simon et Pius qui viennent jusqu’ici pour créer cette émulation parmi ces cavaliers asiatiques. Et ils savent qu’ils sont les bienvenus dans deux mois à New-York ». Rendez-vous est donc donné à New York – Long Island du 25 au 28 avril 2019, au NYCB LIVE, siège du Colisée de Nassau. La fabuleuse saga des Longines Masters ne s’arrête jamais !
Bertram Allen : plus haut, plus vite !
Aujourd’hui, au Longines Masters de Hong Kong, il était question de vitesse et de hauteur. L’emblématique Longines Speed Challenge a vu la victoire d’un abonné : après Los Angeles en 2015 et déjà Hong Kong en 2016 avec Quiet Easy 4, l’Irlandais Bertram Allen enregistre une troisième victoire dans « l’épreuve la plus rapide du monde », cette fois ci avec son hongre de 10 ans, Christy JNR. Le Masters Power Maserati Trophy qui ouvrait la journée s’est terminé à 1,92m de hauteur désignant quatre vainqueurs dont, déjà, Bertram Allen.
Le Masters Power Maserati Trophy n’aura donc pas franchi la barre symbolique des deux mètres. Quatre couples, trois cavalières et un cavalier, avaient pourtant passé toutes les étapes précédentes pour pouvoir relever le défi. Parmi ceux-ci, la Chinoise Ella Wang Yunjing est passée tout près de l’exploit avec Aken Utopia. Elle se partage toutefois la victoire avec l’Espagnole Pilar Lucrecia Cordon (Trix Trax), l’Anglaise Laura Renwick (Top Dollar Viet) et… Bertram Allen (Izzy by Picobello).

Six cavaliers avaient réussi à franchir la barre à 1,92 m de ce Masters Power Maserati Trophy, mais le Français Patrice Delaveau et l’Irlandais Denis Lynch ont préféré renoncer de tenter l’aventure à 2,02m. Si bien que Bertram Allen s’est retrouvé seul face à trois femmes bien courageuses ! Tous les quatre ont échoué à cette hauteur, mais celle qui fut le plus près de réussir fut la jeune Chinoise basée en Allemagne : « Malheureusement mon cheval a perdu son fer sur l’avant-dernier obstacle ce qui l’a clairement gêné. Mais c’est une grande journée pour moi. C’est la première fois que je montais une épreuve des Six Barres et j’étais un peu inquiète, mais mon cheval a tout fait pour moi ». Et c’est vrai que jusqu’alors, Aken Utopia semblait parfaitement à l’aise. Sera-t-il prêt pour le Grand Prix : « Je ne pense pas faire le Grand Prix, c’est encore trop tôt pour moi. C’est mon premier indoor 5* », et donc le premier Longines Masters pour cette jeune Chinoise de 21 ans : « C’est un concours formidable, le décor est prodigieux, la piste est excellente. C’est vraiment quelque chose d’extraordinaire d’être ici pour moi. Cet événement tire l’équitation chinoise vers le haut. Quand le concours a démarré, il y a sept ans, il n’y avait pas de cavalier chinois et aujourd’hui, nous sommes là » !
Longines Speed Challenge : Bertram Allen sans la moindre discussion

L’Irlandais avait pourtant une « meute » de Français à ses trousses : les cinq Tricolores au départ terminent tous parmi les sept premiers. Joli tir groupé, mais insuffisant pour inquiéter Bertram Allen : « Oui, les Français m’ont un peu ennuyé ce soir, mais visiblement, j’avais assez de marge pour les garder à distance… (rires) » Car avec ou sans faute, Bertram et Christy JNR ont été clairement les plus rapides ce soir à l’AsiaWorld Expo, devant une salle pleine et un public asiatique qui s’est laissé complètement emporté par le jeu à en croire les bruyantes réactions. L’Irlandais rejoint ainsi Kevin Staut dans le club très fermé des triple-vainqueurs du Longines speed challenge : « Il y a quelques années, j’avais la chance d’avoir Quite Easy qui était taillé sur mesure pour gagner cette épreuve. L’an dernier, je n’avais plus de cheval capable d’aller aussi vite, maintenant, avec Christy, j’ai un cheval très compétitif. Ce soir, devant ce public fantastique, tout s’est déroulé comme prévu et je crois que cela aurait été compliqué d’aller encore plus vite » Bertram Allen bouclait son tour en 60.47, à Paris, sur le même parcours, le Français Kevin Staut, avait gagné en 62.29. Ce soir, avec la même Ayade de Septon*HDC, il signe un chrono presque identique (62.94), mais avec une faute comprise, soit 2 secondes de pénalité. Il se classe troisième ce soir et c’est le quatrième podium de la jument dans cette épreuve. Le Français Patrice Delaveaus’intercale avec Vestale de Mazure*HDC ; son plan était simple (« foncer »), mais insuffisant pour détrôner l’Irlandais qui, parti en n°8, a passé le plus clair de sa soirée bien enfoncé dans le fauteuil de leader !

Les cavaliers asiatiques ont fait bonne figure une fois de plus, notamment la cavalière de Taipei, Isheau Wong, qui, avec sa jument Jussica T, boucle son tour avec une seule petite faute ce qui constitue une belle performance sur un parcours dont on oublie qu’il culmine à 1,50m !

Les jeunes pousses asiatiques ont eu l’occasion de se mettre également en évidence plus tôt dans l’après-midi dans le Hong Kong Jockey Junior Challenge que remportait l’Indonésien Muhammad Akbar Kurniawan signant le seul sans faute de l’épreuve avec son jeune étalon gris de 8 ans, Easyphighter Dei Folletti. Une chance inouïe pour ces jeunes cavaliers asiatiques de pouvoir se confronter ainsi dans le cadre d’un Longines Masters sur des parcours signés Frank Rothenberger. On les retrouvera demain à 10H00 pour leur épreuve phare, le Hong Kong Jockey Club Asian Junior Grand Prix… en attendant le Longines Grand Prix (15h00) qui désignera le successeur de Patrice Delaveau… Lui-même ? Possible, car il est vrai que le Longines Masters de Hong Kong est un concours qui lui sourit particulièrement.

L’Asia Horse Week : un rapprochement entre deux cultures équestres

La deuxième journée de l’Asia Horse Week était dédiée aux différents aspects du développement des sports équestres en Asie et de l’élevage en Occident. Elle se concluait par une vente aux enchères inédite d’embryons à cheval sur les deux continents : une réalisation concrète des ponts qu’il faut désormais jeter entre les deux cultures équestres.

Les repères des sports équestres en Asie
Les trois premières conférences de cette deuxième journée de l’Asia Horse Week ont permis de donner quelques repères sur la situation des sports équestres en Asie. M. Peter Chen, vice-président de l’Association équestre de Canton a rappelé l’importance de cette région sur la carte équestre de l’Asie du Sud-Est. Depuis 1988, et une collaboration avec l’URSS, jusqu’à nos jours, la cavaliers cantonais ont régulièrement participé aux championnats régionaux. Les premiers succès ont été enregistrés en 2001 avec deux médailles d’or en dressage au Championnat national chinois. Soutenue par le Hong Kong Jockey Club, l’Association équestre de Canton peut s’enorgueillir d’avoir à ce jours huit cavaliers prêts pour les prochains Jeux olympiques de Tokyo.Li Yanyang, joueur de polo passionnée et surtout fondateur du magazine chinois de référence, Horsemanship, a présenté quelques chiffres clés concernant l’équitation en Chine et les défis qu’ils représentent. Où l’on a notamment appris qu’il existait actuellement 1802 clubs hippiques en Chine essentiellement concentrés dans le nord et le sud-est. La majorité des chevaux utilisés dans ces clubs sont des pur-sang, même si 18% de ces chevaux sont importés des stud-books européens ; ces importations sont cependant en baisse depuis trois ans. La proportion de femmes pratiquant l’équitation est dominante également en Chine (65,5%), un chiffre toutefois inférieur à la moyenne européenne qui dépasse les 80%. C’est l’équitation classique qui est pratiquée en majorité en Chine (à 91% contre 9% d’équitation western).

M. Wen Xiao Dong, dirigeant de l’une des plus importante sociétés chinoises, FOSUN, a évoqué l’engagement de sa compagnie dans les sports équestres : soutien de cavaliers de haut niveau, partenariat de plusieurs événements dont le spectaculaire Longines China Tour au pied de la grande muraille et soutien du polo : « Un sport fascinant avec un énorme potentiel marketing. Nous avons investi sur le polo anglais et nous nous sommes rapprochés du polo argentin ce qui m’a permis de rencontrer le président Macri. Le polo est un vecteur de relation diplomatique ! L’objectif est de développer le polo en Chine avec notamment l’aide des techniciens argentins ».

Le Professeur Hao Zhang de l’Université d’Agriculture de la Mongolie intérieure a apporté une touche culturelle pour conclure cette session rappelant que cela fait plus de trois millénaires que le cheval accompagne la vie quotidienne des Chinois : « Plus de 1000 signes expriment le mot « Ma », cheval en Chinois. Plus de 100 millions de Chinois sont du signe du Cheval en astrologie chinoise et 15 millions portent le prénom de Ma ».

Le développement du sport en Asie
Après une présentation de la fabrication des selles Hermès, les conférences reprenaient sur le thème du développement des grandes compétitions en Asie. Michael Lee, président du Hong Kong Jockey Club, posait le décor asiatique : 34 fédérations nationales dont 18 organisant des compétitions FEI, 4572 athlètes face à 38 208 pour le reste du monde, une croissance de 71% du cheptel équin en 9 ans qui accompagnait logiquement une augmentation de 79% du nombre des cavaliers. L’Asie est indéniablement une région en plein boom équestre malgré quelques freins : peu d’athlètes et d’officiels asiatiques sont invités sur les compétitions hors d’Asie, un manque d’expertise dans certaines disciplines et peu de moyens.

« Le Longines Masters constitue un moteur de développement contribuant à la promotion du saut d’obstacles de haut niveau en faisant venir les meilleurs athlètes chez nous et en permettant aux jeunes cavaliers de la région de se mettre en avant chez eux tout en se confrontant aux meilleurs du monde ». Il existe d’autres pistes de développement comme le programme de solidarité de la FEI et les grandes confrontations tel les Jeux asiatiques qui incitent les cavaliers asiatiques de l’extérieur à revenir chez eux. Wijaya Noeradi et Chang Wei ont respectivement présenté les problématiques posées par l’organisation de la partie équestre de ces Jeux asiatiques passés (Jarkata 2018) et à venir (Hangzou 2022).

Entre les deux auront lieu, toujours en Asie, les Jeux olympiques de Tokyo 2020 dont le Dr Yasuhiko Haruta, directeur équestre de ces Jeux, en a dévoilé les grands traits logistiques. Où l’on a appris entre autres, que le staff encadrant cette partie équestre sera composée de 416 personnes, que le chantier du Parc équestre de Bajikoen était bien avancé et pourrait recevoir les tests préolympiques en juillet prochain, que les épreuves olympiques débuteront le 25 juillet 2020 avec le dressage et se termineront le 8 août avec l’épreuve de saut d’obstacles par équipe (après l’individuelle donc, qui aura lieu le 5 août) et que le cross du complet se tiendrait sur une île à 25 kilomètres et une heure du Parc équestre olympique.

Sport, élevage et paroles d’un champion du monde
Depuis une bonne vingtaine d’années, sports et élevage sont intimement mêlés. L’un ne va pas plus sans l’autre : « Il y a 30-40 ans », rappelait Jos Lansink, « quand une jument ne performait pas bien en concours, on la retirait et on la faisait saillir par le premier étalon venu. Aujourd’hui, c’est le contraire : le père et la mère doivent avoir fait leurs preuves en compétition, c’est complètement entré dans les mœurs ». Jusqu’à Oman, où, comme le soulignait Hamood Altooqi, directeur technique de la cavalerie royale, qui développe l’élevage sur les sites de Muscat et de Salahat, les croisements sont uniquement basés sur la performance. Qu’il s’agisse de chevaux arabes pour l’endurance ou de chevaux de sport pour lesquels : « nous collaborons avec VDL en Hollande, le Groupe France Élevage, Béligneux le Haras et les ventes PSI en Allemagne. L’objectif est d’obtenir rapidement la reconnaissance de la World Breeding Federation for Sport Horses et de présenter des jeunes chevaux omanais au Championnat du monde de Zangersheide à l’horizon 2020 ».Si ce principe d’un élevage s’appuyant sur la performance est désormais acquis, il y a d’autres pratiques qui, selon le Champion du monde individuel de 2006, Jos Lansink, doivent disparaître des habitudes : « Aujourd’hui encore, on en fait trop avec les jeunes chevaux. Les cavaliers sont sous la pression des propriétaires et on veut aller trop vite. Plus que le cavalier, c’est l’homme de cheval qui est derrière qui fait le cheval. J’ai l’habitude de donner un break de trois mois à mes jeunes chevaux de 4 à 6 ans et parfois même à des 7 ans, un âge où ils peuvent encore grandir. Il est crucial de bien savoir gérer le programme de ses chevaux. Quand j’ai été champion du monde avec Cumano, le cheval avait cinq jours de compétition dans les pattes, mais deux autres journées supplémentaires ne l’auraient pas plus fatigué que ça ».

En Allemagne, où la Fédération régit à la fois le sport et l’élevage (25 000 naissances de chevaux de sport chaque année), les jeunes chevaux ne sont pas mis en danger : « Les 4 ans n’ont presque pas d’épreuves et pas de Championnat national », explique Soenke Lauterbach, secrétaire général de cette fédération. « Et les 5 ou 6 ans ne font aucune épreuve au chronomètre, mais des parcours jugés sur le style ». Dans ce pays, Paul Schockemöhle est une forte personnalité de l’élevage, du commerce et du sport. Une filière qu’il maîtrise de A à Z à partir de son haras de Lewitz, une ancienne ferme collective d’Allemagne de l’Est, qui abrite quelques 4 500 cheval du foal (il en naît 1200 chaque année) au jeune cheval de sport qui est valorisé sur place avant d’être envoyé dans les circuits commerciaux (notamment via sa prestigieuse vente PSI) et sportifs. Deux cent cinquante  employés travaillent pour son compte, dont quarante-cinq cavaliers, vingt vétérinaires et vingt maréchaux ferrants, des entraîneurs etc. Mais c’est lui qui suit personnellement chacun de ses produits à travers de grandes fiches jaunes qu’il remplit lui-même à la main !

L’étalonnier, vétérinaire, éleveur spécialiste du transfert d’embryon et marchand de chevaux belge Joris de Brabander a révélé les clés du succès de son haras qui a produit de grands performers internationaux tel Mylord Carthago (vice-champion du monde) ou Vagabond de la Pomme (deuxième de finale de Coupe du monde). Un principe qu’il simplifie lui même en ces mots : « Le bon donnera du bon, le mauvais donnera du mauvais ».

Les Français Bérengère Lacroix (directrice du Stud-book Selle français, 6 300 naissances annuelles) et Arnaud Evain (Groupe France Élevage), ont présenté des outils statistiques et logiciels permettant aux éleveurs de déterminer leurs croisements de façon plus « scientifique ».

La science concluait ces huitième et neuvième sessions consacrées à l’élevage avec l’intervention du Professeur italien Cesare Galli, un pionnier avec son laboratoire Avantea, en matière de transfert d’embryons, de leur congélation et même en matière de clonage, réprouvé plus tôt par la Fédération allemande, mais presque banalisé dans le milieu du polo argentin : « Il ne s’agit que de banque cellulaire », modulait le Professeur. « Quand vous perdez votre cheval, l’assurance vous donne de l’argent, mais ne vous redonne pas votre cheval. Avec le clonage, moi, je vous le rends » !

L’embryon est un concept qui est plus facilement rentré dans les mœurs comme l’a prouvé l’excellent résultat de la première édition de The Auction by ARQANA, première vente internationale de chevaux à Hong Kong, où étaient adjugés seize embryons issus de grands performers pour un chiffre d’affaires total de 416 000€, soit une moyenne record de 26 000€ !

Asia Horse Week : Une première journée sous le signe du bien-être équin

« Le bien-être équin n’est pas une option, mais un devoir ». Cette déclaration de Roly Owers, directeur exécutif de la World Horse Welfare, un organisme créé dès 1927, donnait clairement le ton de la première journée des débats de la deuxième édition de l’Asia Horse Week, le « Davos Équestre », comme le notait Christophe Ameeuw, CEO d’EEM et de l’AHW, lors de son discours prononcé lors de l’inauguration.

Ce thème récurrent sera clairement au cœur de toutes les conférences de la première journée car, comme le souligne Roly Owers, le bien-être concerne l’ensemble des événements de la chaîne de la vie d’un cheval où l’humain intervient : « l’homme est responsable du cheval de sa naissance à sa mort ; cela implique un élevage responsable, des soins responsables, un entrainement responsable, une retraite responsable et une aide à la fin de vie responsable. Les animaux sont des êtres sensibles, mais les animaux ne sont pas des humains. Un contrat social doit être établi pour le respect des chevaux ». Cette prise de conscience n’est pas nouvelle, mais elle s’est accélérée au cours de ces dernières années. Pour la FEI, l’une des priorités en matière de bien-être équin est la lutte contre le dopage : « En 2008 », rappelait Sabrina Ibañez, secrétaire générale de la FEI, « lors des Jeux olympiques de Hong-Kong, les sports équestres ont déploré cinq contrôles positifs. C’était plus que n’importe quel autre sport, il fallait agir ». La Commission anti-dopage et ses quatre groupes de travail ont ainsi vu le jour, le but était de « prévenir l’utilisation de substances pouvant influer sur le résultat ».
En 2010 naissait FEI Clean Sport, qui définissait les règles anti-dopage et de médication, établissant notamment les listes de produits interdits et la standardisation des laboratoires et des procédures de contrôle. « Mais la médication n’est pas le seul moyen de dopage et il existe d’autre procédés pour améliorer la performance », précisait le directeur vétérinaire de la FEI, le Dr. Goran Akerstrom. « C’est pourquoi nous avons mis en place le programme de contrôle d’hypersensibilité des membres. Celle-ci n’est pas seulement dangereuse pour le cheval, qui, en retombant d’un saut excessif par peur de se faire mal en touchant la barre, peut se faire encore plus mal à la réception, mais ça l’est également pour le cavalier, le groom et les stewards lors du contrôle des guêtres. Nous avons initié 300% de contrôles supplémentaires. ».
Les sports-équestres se développent à une vitesse exponentielle, notamment en Asie où l’on note une augmentation annuelle de 25% du nombre de concours : « Le bien-être du cheval est un problème qui doit nous concerner en permanence », martelait la cavalière de dressage hongkongaise Jacqueline Siu, médaillée d’or aux Jeux asiatiques. « Les cavaliers doivent prendre leurs responsabilités et il y a un gros travail d’éducation à faire, notamment au parmi les nations émergentes des sports-équestres ».

Éducation de l’entraîneur, gestion du cheval et bien-être
L’éducation, c’était précisément le thème de la deuxième session ouverte par le cavalier international de concours complet, Alex Hua Tian, qui a développé le programme Horsemanship en Chine, notamment à l’attention des enfants. Un programme qui a reçu le Solidarity Award de la FEI en novembre dernier : « L’équitation en Chine a un fort potentiel d’essor, expliquait Alex. Le challenge est d’inculquer à ces nouveaux équitants le sens du cheval. Les Longines Masters, ici à Hong-Kong, représentent une belle vitrine de l’activité équestre, mais le sport ne sera pas bon si la base de la pyramide n’est pas vertueuse. C’est pourquoi notre programme Horsemanship veut enseigner ces valeurs aux enfants : empathie, respect et responsabilité ». Ce programme a permis à plus de 200 écoliers d’approcher le cheval avec les bons outils et de l’aborder avec, en priorité, ce sens du respect et du « horsemanship ».
Ce travail est notamment effectué en collaboration avec la British Horse Society dont la directrice exécutive, Lynn Petersen, a présenté le programme pédagogique : « Notre objectif est d’améliorer la vie des chevaux et de ceux qui s’en occupent. Dans nos apprentissages, la compréhension globale du cheval est fondamentale. Chaque cheval est un individu, chaque cheval doit être respecté, protégé ». Pour cela, depuis des années, la BHS collecte les savoirs de tous les métiers liés au cheval pour les enseigner aux futurs professionnels du cheval, à commencer par les grooms, « un aspect important », souligne Lynn.
Ces programmes éducatifs sont bien sûr distillés en Asie dans des clubs pilotes tels le Equuleus International Riding Club, le premier reconnu par la BHS en Chine et présenté par sa fondatrice et CEO, Michelle Wang. Centre de formation, centre de la culture équestre et du lifestyle, le club organise vingt concours par an s’inscrivant dans la logique de croissance de 30 à 60% du nombre de pratiquants et de compétitions en Chine.
Ces clubs ont la possibilité de récupérer des pur-sang de réforme, reconvertis par le Hong Kong Jockey Club comme l’expliquait Amanda Bond, déléguée aux affaires équestres. Sur les 1200 chevaux évoluant en courses à Hong Kong, 400 sont réformés chaque année. Tous ne vont pas à l’élevage ni ne sont réexportés et ainsi, avec une équipe de 27 personnes dont 6 cavaliers, plus de 150 pur-sang sont placés dans les clubs hippiques de la région : « Le bien-être du cheval est indissociable du développement de la relation entre le monde des courses et celui des sports équestres, nous ne pouvons l’ignorer », concluait Amanda Bond avant de passer la parole à Stefan Kögel, représentant de la société Lami-Cell.
Ce dernier présentait quelques développements de produits allant dans le sens du bien-être du cheval comme un mors réduisant le stress, ne pinçant la bouche en aucun endroit et diminuant la tension bouche-main ou encore des couvertures ne compressant plus le garrot des chevaux.
Santé du cheval et formation des vétérinaires
Il est vrai qu’un matériel mal adapté peut-être une cause de pathologie chez le cheval et le vétérinaire néerlandais, le Dr. Joop Loomans, diplômé de l’Université d’Utrecht, a insisté sur l’importance de la qualité de la formation des vétérinaires qui, bien éduqués « deviendront les meilleurs avocats de vos chevaux. Mon métier est de rendre les chevaux heureux. Face à la croissance de l’enthousiasme des Chinois pour l’équitation, il s’agit de les sensibiliser au bien-être du cheval et leur apprendre le reflexe d’avoir recours au vétérinaire, pas seulement pour diagnostiquer, mais surtout pour prévenir les problèmes ».
Former des vétérinaires équins en coopération avec des cliniques européennes, c’est là l’une des missions de la Heilan Equine Clinic Veterinary présenté par M. Wei Fei. Un établissement spectaculaire doté des outils les plus modernes, à la fois centre de recherche et centre équestre laboratoire, appelé à se développer à travers la Chine, ce qui offrira de nouvelles opportunités professionnelles.  Le Dr. Rong Rui insistait justement sur l’urgence de « faire face à la croissance de l’activité équestre en Chine. Si le pays compte 8,9 millions des 58,8 millions de chevaux de la planète et si nous avons une longue histoire avec le cheval, nous ne sommes pas assez structurés, nous devons reconstruire un système éducatif pour le bien du cheval ».
Le Dr. Didier Serteyn exposait les dernières découvertes de l’Université de Liège, de BiopTis et de RevaTis en matière de médecine régénérative avec l’utilisation des cellules souches pour réparer certains cas d’arthrose, d’OCD ou de tendinopathie, « une technique du futur pour le bien de la santé équine ».
Transports et règlements sanitaires
Retour sur scène du directeur vétérinaire de la FEI, le Dr. Goran Akerstrom pour rappeler que le bien-être, c’est aussi respecter les règles sanitaires et notamment la vaccination. « La prévention, c’est la clé et ne pas la respecter peut conduire à des conséquences désastreuses comme la mort du cheval ou l’annulation d’événements ». Et de rappeler que la FEI communique en permanence sur le sujet, rappelant des règles élémentaires comme la propreté absolue des écuries de concours, en surveillant les épizooties et informant via ses medias et ses réseaux sociaux.
La quarantaine est l’un des outils de prévention et le Hong Kong Jockey Club est un exemple en la matière comme l’expliquait Kenneth Lam. Notamment lorsqu’il s’agit de transporter les chevaux de course entre les hippodromes de Hong Kong et celui de Coghua : couloir sanitaire d’un kilomètre de large entre les deux « bulles » de cinq kilomètres de rayon délimitées autour de chacun des deux sites.
Côté sports équestres, le Dr. Goran Akerstrom rappelait les complications existantes pour faire circuler les chevaux dans certaines zones géographique hors Union Européenne : « Parfois, la réalité ne justifie pas toutes ces restrictions, c’est pourquoi nous œuvrons au sein de la Horse Sport Confederation, une émanation de la FEI et des autorités des courses, pour faciliter ces transits ». Des travaux qui ont notamment contribué à la possibilité d’importer provisoirement des chevaux pour les Longines Masters depuis sept ans.
Le Dr. Susanne Münstermann, qui travaille également sur ces sujets depuis plusieurs années en Afrique et en Asie, notamment pour le compte de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), expliquait tous les efforts et difficultés de mettre en place des zones franches sanitaires (EDFZ, Equine Diseases Free Zone) à l’occasion d’événements internationaux. Un propos qu’elle illustrait avec la mise en place d’une telle zone de biosécurité à Jakarta (Ile de Java) à l’occasion des derniers Jeux asiatiques : « Vingt mois de travail » !

Reprise des conférences, demain à 9h00, sur le thème des étapes du développement de l’équitation en Asie, en même temps que le séminaire FEI Clean Sport. Une deuxième journée qui se conclura avec la première édition de The Auction, vente aux enchères d’embryons haut de gamme, qui se déroulera en duplex de Deauville ainsi qu’en ligne.

Il est possible de suivre en direct ou revoir en replay toutes ces conférences sur EEM.tv.

Longines Masters de Hong Kong :  Les chevaux ont bien atterri à Hong Kong

C’est un avion-cargo un peu particulier qui s’est envolé de Liège dimanche matin à bord d’un Boeing 770 affrété d’Etihad et qui devait rejoindre l’aéroport de Hong Kong lundi dans la journée. A bord soixante-deux chevaux et quelques tonnes de matériel. La grande caravane de la Série des Longines Masters rejoint l’Asie.

Parmi ces soixante-deux chevaux, beaucoup de grandes stars du circuit international de saut d’obstacles comme Ayade De Septon *HDC avec laquelle le champion français Kevin Staut tentera le doublé dans le Longines Speed Challenge après leur victoire de Paris ou encore Basta, l’étalon avec qui la Hongkongaise Jacqueline Lai, meilleure chance asiatique de ce Longines Masters, avait été sélectionnée aux Jeux équestres mondiaux de Tryon.

Les chevaux artistes de Frédéric Pignon, les Ibériques Phoebus De Barral et Talento De Courenne seront dans le même avion pour présenter au public de l’AsiaWorld-Expo un moment de magie équestre que seul ce dresseur français, accompagné de sa femme Magali Delgado, est capable de proposer.

Dans cet avion ont été également embarqués les sept chevaux du Ecuries d’Ecaussines pour la flamboyante HKJC Race of the Riders et l’Asian Junior Challenge.Le gros des infrastructures, les mêmes qu’à Paris, est arrivé il y a quelques semaines déjà par cargo maritimepour que soit achevé à temps le montage des magnifiques installations qui sont la marque de fabrique de cette série des Longines Masters, soit quelques tonnes de matériel comme mille ballots de copeaux pour la litière des chevaux, cent-cinquante balles de foin et même une tonne deux de sable pour finir la composition des sols

 

Edwina Alexander forfait

La cavalière australienne, qui était en course pour le Grand Slam Indoor of Showjumping, a dû malheureusement déclarer forfait pour cet acte II de la Saison IV. Vinchester, le cheval de Grand Prix qu’elle préparait pour cette échéance vient de connaître une petite baisse de forme et la cavalière a jugé qu’il ne serait pas assez en forme pour relever ce défi du grand chelem. Ce sont là les aléas des cavaliers de haut niveau. La qualité du plateau du Longines Masters de Hong Kong reste toutefois très élevée avec trois anciens numéros un mondiaux, des champions et médaillés olympiques ou mondiaux et autres cracks européens. 

Le Longines Masters de Hong Kong en quelques chiffres

Nombre de chevaux : 62

Nombre de cavaliers : 32

Ballots de foin : 150

Ballots de copeaux : 1000

Tonne de sable de piste : 1200

Nombre de personnel : 740

Nombre de volontaires : 128

Nuitées d’hotel : 1238

Lumières : 1000

Caméras & photographes : 150

 

Asia Horse Week, deuxième !

La deuxième édition de l’Asia Horse Week, du 14 au 16 février, se tiendra en ouverture du Longines Masters de Hong Kong 2019. Deux journées d’échanges, de conférences, riches en réflexions sur différents thèmes complètement dans l’air du temps : l’élevage, le bien-être équin, le sport et l’éducation du cheval.

Cette année, la FEI (Fédération Equestre Internationale), s’associe à cet événement unique en Asie pour présenter son séminaire « Clean Sport ». Une occasion parfaite de familiariser et sensibiliser les professionnels de l’industrie et la communauté équestre asiatiques aux enjeux éthiques, réglementaires et aux meilleurs pratiques possibles afin de promouvoir des sports équestres sains et responsables.

Cet Asia Horse Week répond à cet incessant désir de Christophe Ameeuw et de ses équipes d’EEM, de développer la filière équestre en Asie-Pacifique. Cet événement d’exception est réalisé, en partenariat avec le Hong Kong Jockey Club et avec le soutien du Hong Kong Tourism board et du Wall Street Journal.

Les conférences seront animées par des intervenants de renom, tels qu’Ingmar Devos, le Président de la FEI, le Dr. Yasuhiko Haruta, conseiller de la Fédération équestre japonaise pour les Jeux Olympiques de Tokyo, le Professeur Cesare Galli, fondateur et directeur d’Avantea, le Dr. Anthony W K Chow SBS JP, nouveau Président du Hong Kong Jockey Club, ou encore Alex Hua Tian, le cavalier olympique de concours complet.

Cette seconde édition de l’Asia Horse Week se conclura par la première vente aux enchères d’embryons de génétique haut de gamme, composée des plus grands performers internationaux : The Auction, un partenariat entre EEM et la prestigieuse agence de ventes aux enchères équine, Arqana.

Un programme exceptionnel et des intervenants de marque à découvrir sur : https://r-b.media/AHW2019

Le catalogue de The Auction est en ligne sur : http://www.theauction.online